DEMANDE DE DÉSIGNATION
D'AIRE PROTÉGÉE
POUR LA ZONE DU MASSIF DES TREMBLANTES
ET DE LA VALLÉE DE LA RIVIÈRE SAINT-MICHEL
PAR
LE CLUB DE PLEIN AIR DE SAINT-DONAT
ET
L’ASSOCIATION POUR LA PROTECTION DE
L’ENVIRONNEMENT DU LAC ARCHAMBAULT

JUIN 2005


DÉLIMITATION DU TERRITOIRE


Le Club de plein air de Saint-Donat et l’Association pour la protection de l’environnement du lac Archambault proposent la mise en réserve à titre d’aire protégée d’un territoire entièrement situé sur les terre publiques, compris entre la limite sud-est du Parc national du Mont-Tremblant et les zones de villégiature établies en périphérie des lacs Léon, Archambault, de la Montagne Noire, de l’Orignal, du Rocher et Paquette. La limite naturelle de ce territoire du côté sud-ouest pourrait être la rivière Le Boulé alors qu’au nord-est, il pourrait s’étendre jusqu’à la route 125.

Il s’agit d’un territoire d’une superficie d’environ 165 km² qui viendrait s’ajouter à l’aire protégée qu’est déjà le Parc national du Mont-Tremblant. La région est totalement inhabitée et n’est devenu accessible que tout récemment, suite à la construction d’une route panoramique d’une longueur de 35km qui la traverse en son entier et qui relie Saint-Donat à la municipalité de Lac Supérieur. Lors de la construction de la route, on a eu la sagesse de construire une piste cyclable d’une largeur de 2 mètres de chaque côté de la route, créant ainsi l’un des plus grandioses parcours cycliste au Québec.

On a donné à cette route le nom évocateur de Route du Massif des Tremblantes. Ce lien routier a été construit à la base d’un massif montagneux comprenant, entre autres, les montagnes suivantes : dans la zone de la rivière le Boulé, la Blanche (707 mètres) puis la Grise (773 mètres) ; surplombant par après le lac de l’Appel, on aperçoit le mont Du Rocher (729 mètres) et ensuite tout l’imposant massif de la Montagne Noire, dont le point culminant se trouve à 882 mètres. Un peu plus au nord, on découvre le mont Saint-Michel (735 mètres) qui donne son nom à la vallée du même nom, laquelle se déverse dans le lac Archambault. Du côté ouest de ce lac, on a les monts du Cap de la Fée (595 mètres) et Philippe-Morel (656 mètres). Au nord-est de la rivière Saint-Michel on complète le panorama avec le mont des Cenelles (786 mètres).
Ajoutons à ces caractéristiques géologiques, la présence de trois rivières importantes, soit la rivière Le Boulé qui prend sa source dans le Parc du Mont-Tremblant, la rivière Saint-Michel qui est, avec le ruisseau Saint-Martin, à la tête du bassin versant qui alimente les deux grands lacs de la région de Saint-Donat, Archambault et Ouareau. Et finalement, la rivière du Pimbina qui longe la route 125 et qui, elle aussi, se déverse dans le lac Archambault.

Nous proposons  également d’ajouter à ce territoire de base  une parcelle complémentaire d’environ 35 km² située au nord ouest des lac Croche et Rochemaure et contiguë encore une fois à la limite du parc, dans le secteur de l’Assomption.

C’est donc un territoire d’une superficie totale d’environ 200 km² que nous proposons

d’ajouter au réseau des aires protégées qui seront créées dans la province naturelle des

Laurentides méridionales
.


 

ÉTAT ACTUEL DU TERRITOIRE

La vallée de la rivière Saint-Michel a fait l’objet de nombreuses coupes forestières intensives (coupes à blanc) depuis le début du siècle dernier. Le dernier cycle d’exploitation, débuté il y a une trentaine d’années, tire à sa fin. Une forte proportion du territoire est en phase de régénération. Les derniers îlots d’exploitation forestière projetés se trouvent dans des zones jugées jusqu’à tout récemment comme inatteignables. Elles se trouvent en zone montagneuse, à proximité du lac de l’Appel ou dans la zone du massif de la Montagne Noire (lacs Lézard et Cristal). On a commencé à gruger cette forêt patrimoniale où se trouvent des bouleaux jaunes deux fois centenaires.

La construction de la nouvelle route a d’ailleurs contribué à accentuer, pour ne pas dire précipiter,  l’intervention des forestiers dans la zone d’exploitation sous juridiction du MRN, secteur des Laurentides. Une douzaine de chantiers sont apparus tout récemment de ce côté.

On a de plus exploité une carrière  d’où on a extrait des agrégats de catégories diverses qui ont servi à la construction du lien routier déjà mentionné, ainsi qu’à la fabrication de routes en ciment à l’extérieur du territoire.

Plus des deux tiers de la zone dont nous proposons la protection se trouve dans Lanaudière, l’autre portion se situe dans la zone des Laurentides. Trois municipalités ont juridiction sur ce même territoire, soient les municipalités de Lac Supérieur, Val des Lacs et Saint-Donat.

 

POTENTIEL DE DÉVELOPPEMENT

Le potentiel d’implantation de zones de villégiature sur ce territoire est à peu près nul compte tenu du fait qu’il ne s’y trouve aucun lac d’importance significative.

La route du Massif des Tremblantes est avant tout une route de transition, une route panoramique destinée à relier Saint-Donat à la zone de villégiature de Tremblant.

Lors de sa construction, on y a aménagé, une piste cyclable de premier calibre, posant ainsi un jalon important dans le processus visant à faciliter le développement écotouristique de la région.

Un autre maillon d’une extrême importance existe déjà depuis plus de trente ans. Il s’agit du sentier de l’Inter-Centre, intégré au Sentier National au Québec et qui relie le lac Archambault à la base de plein air de l’UQUÀM. Ce sentier, réservé au ski de fond et à la longue randonnée pédestre, conduit au sommet de la Montagne Noire, l’un des plus hauts sommets des Laurentides (882 mètres). Il donne accès au site de l’écrasement d’un  avion des Forces armées canadiennes survenu en 1943. Un mémorial de guerre a d’ailleurs été aménagé à cet endroit. On estime qu’environ 3 000 visiteurs s’y rendent chaque année.

Ce même sentier de longue randonnée donne accès à deux refuges en haute montagne (refuge de l’Appel et refuge du Nordet). Ce sentier, de réputation nationale, est en voie d’être raccordé à des infrastructures complémentaires dans la zone de la rivière Saint-Michel et du Cap de la Fée.

La rivière Saint-Michel quant à elle fait présentement l’objet de mesures de réintroduction de la ouananiche et devrait, à moyen terme, permettre la pratique de la pêche sportive.

L’ensemble du territoire est également une terre de prédilection pour les chasseurs. Cerfs de virginie et orignaux y abondent. On y pratique surtout la chasse à l’arc. Le petit gibier est également omniprésent.  

Dans la zone immédiate de la rivière Saint-Michel ainsi qu’en direction des lacs Raquette ou Honoré, le territoire est sillonné de nombreux chemins ayant servi au transport du bois. La plupart sont utilisables pour la pratique du vélo de montagne ou encore pour la circulation en « quad ». Le réseau de sentiers réservé à la motoneige y est également très développé.

Le potentiel de développement du territoire pour la pratique d’activités de plein air, donc d’écotourisme, est énorme. Ce qui n’exclut en rien les activités de chasse qui y sont pratiquées. Quant à l’utilisation des véhicules récréatifs motorisés, elle peut  se faire dans un contexte de partage et de respect du territoire concerné.

Cette zone offre enfin un intéressant potentiel de développement en complémentarité avec le Parc national du Mont-Tremblant. Certaines infrastructures d’accueil existent déjà à l’intérieur du parc (lac Pékan, lac Allen) ce qui permettrait de relier éventuellement par le sud le secteur d’accueil du Pimbina à celui du lac Monroe.
 

ENGAGEMENT DE NOS ASSOCIATIONS

Nos deux associations sont reconnues pour leur implication dans la préservation et la mise en valeur du patrimoine naturel de notre région. L’Association  pour la protection de l’environnement du lac Archambault tenait récemment sa 44ième assemblée annuelle. À cette occasion, on a fait état des gestes concrets posés par cet organisme pour assurer la qualité de l’eau du lac. Depuis plus de trois ans, l’association mène un combat pour faire cesser l’exploitation de l’imposante carrière située à proximité de la rivière Saint-Michel. De son côté, le Club de plein air de Saint-Donat, fort de l’appui de la plupart des intervenants intéressés au développement durable de notre région, s’est opposé au dernier plan de coupe pour2005-2007 déposé par les industriels forestiers installés de longue date sur le territoire donatien. Nous avons demandé un moratoire, sans toutefois recevoir l’appui des représentants du MRN qui, à toutes fins utiles, ne se sentent pas concernés par les motifs écologiques que nous invoquons. Même la municipalité de Saint-Donat semble impuissante à faire reconnaître la vocation écotouristique et récréotouristique du territoire sur lequel elle devrait avoir juridiction.

L’Association pour la protection de l’environnement du lac Archambault compte plus de 325 membres, tous propriétaires riverains. Le Club de plein air de Saint-Donat regroupe environ 500 membres. La très grande majorité d’entre eux disposent d’un pied à terre dans notre région (chalet, résidence secondaire, villégiateur occasionnel).

Nos deux organismes se disent prêts à participer à la gestion et au développement des activités écotouristiques et récérotouristiques dans une perspective de développement durable. Le Club de plein air de Saint-Donat travaille d’ailleurs à la mise en place d’un réseau de randonnée (de courte, moyenne et de longue distance) qui a pour objectif de relier les principaux sommets qui surplombent la majestueuse vallée formée par les lacs Archambault et Ouareau. Plusieurs refuges sont prévus dans le plan d’implantation, tous en lien avec le Sentier National au Québec. Ce réseau de sentiers étendra ses ramifications dans toute la vallée de la rivière Saint-Michel.

Nous souhaitons vivement participer à la conservation de notre patrimoine écologique. L’établissement des deux aires protégées précédemment décrites et situées en bordure du Parc national du Mont-Tremblant ouvrirait la porte à une ère de collaboration sans précédent entre de nombreux agents intéressés à assurer la diversification de l’économie régionale tout en assurant la préservation du territoire concerné.

 

 

bulletCette demande a été déposée en bonne et due forme au ministère du Développement durable et de l'Environnement en juin 2005.
Depuis, nous avons reçu un bref accusé de réception... et rien d'autre ensuite !