DÉLIMITATION DU TERRITOIRE
Le Club de plein air de Saint-Donat et l’Association pour la
protection de l’environnement du lac Archambault proposent la mise en
réserve à titre d’aire protégée d’un territoire entièrement situé sur les
terre publiques, compris entre la limite sud-est du Parc national du
Mont-Tremblant et les zones de villégiature établies en périphérie des lacs
Léon, Archambault, de la Montagne Noire, de l’Orignal, du Rocher et
Paquette. La limite naturelle de ce territoire du côté sud-ouest pourrait
être la rivière Le Boulé alors qu’au nord-est, il pourrait s’étendre jusqu’à
la route 125.
Il s’agit
d’un territoire d’une superficie d’environ 165 km² qui viendrait s’ajouter à
l’aire protégée qu’est déjà le Parc national du Mont-Tremblant. La région
est totalement inhabitée et n’est devenu accessible que tout récemment,
suite à la construction d’une route panoramique d’une longueur de 35km qui
la traverse en son entier et qui relie Saint-Donat à la municipalité de Lac
Supérieur. Lors de la construction de la route, on a eu la sagesse de
construire une piste cyclable d’une largeur de 2 mètres de chaque côté de la
route, créant ainsi l’un des plus grandioses parcours cycliste au Québec.
On a donné à cette route le
nom évocateur de Route du Massif des Tremblantes. Ce lien routier a été
construit à la base d’un massif montagneux comprenant, entre autres, les
montagnes suivantes : dans la zone de la rivière le Boulé, la Blanche (707
mètres) puis la Grise (773 mètres) ; surplombant par après le lac de
l’Appel, on aperçoit le mont Du Rocher (729 mètres) et ensuite tout
l’imposant massif de la Montagne Noire, dont le point culminant se trouve à
882 mètres. Un peu plus au nord, on découvre le mont Saint-Michel (735
mètres) qui donne son nom à la vallée du même nom, laquelle se déverse dans
le lac Archambault. Du côté ouest de ce lac, on a les monts du Cap de la Fée
(595 mètres) et Philippe-Morel (656 mètres). Au nord-est de la rivière
Saint-Michel on complète le panorama avec le mont des Cenelles (786 mètres).
Ajoutons à ces caractéristiques géologiques, la présence de trois rivières
importantes, soit la rivière Le Boulé qui prend sa source dans le Parc du
Mont-Tremblant, la rivière Saint-Michel qui est, avec le ruisseau
Saint-Martin, à la tête du bassin versant qui alimente les deux grands lacs
de la région de Saint-Donat, Archambault et Ouareau. Et finalement, la
rivière du Pimbina qui longe la route 125 et qui, elle aussi, se déverse
dans le lac Archambault.
Nous
proposons également d’ajouter à ce territoire de base une parcelle
complémentaire d’environ 35 km²
située au nord ouest des lac Croche et Rochemaure et contiguë encore une
fois à la limite du parc, dans le secteur de l’Assomption.
C’est
donc un territoire d’une superficie totale d’environ 200 km²
que nous proposons
d’ajouter au réseau des aires protégées qui seront créées dans la province
naturelle des
Laurentides méridionales.
ÉTAT ACTUEL DU TERRITOIRE
La vallée
de la rivière Saint-Michel a fait l’objet de nombreuses coupes forestières
intensives (coupes à blanc) depuis le début du siècle dernier. Le dernier
cycle d’exploitation, débuté il y a une trentaine d’années, tire à sa fin.
Une forte proportion du territoire est en phase de régénération. Les
derniers îlots d’exploitation forestière projetés se trouvent dans des zones
jugées jusqu’à tout récemment comme inatteignables. Elles se trouvent en
zone montagneuse, à proximité du lac de l’Appel ou dans la zone du massif de
la Montagne Noire (lacs Lézard et Cristal). On a commencé à gruger cette
forêt patrimoniale où se trouvent des bouleaux jaunes deux fois centenaires.
La
construction de la nouvelle route a d’ailleurs contribué à accentuer, pour
ne pas dire précipiter, l’intervention des forestiers dans la zone
d’exploitation sous juridiction du MRN, secteur des Laurentides. Une
douzaine de chantiers sont apparus tout récemment de ce côté.
On a de
plus exploité une carrière d’où on a extrait des agrégats de catégories
diverses qui ont servi à la construction du lien routier déjà mentionné,
ainsi qu’à la fabrication de routes en ciment à l’extérieur du territoire.
Plus des
deux tiers de la zone dont nous proposons la protection se trouve dans
Lanaudière, l’autre portion se situe dans la zone des Laurentides. Trois
municipalités ont juridiction sur ce même territoire, soient les
municipalités de Lac Supérieur, Val des Lacs et Saint-Donat.
POTENTIEL DE DÉVELOPPEMENT
Le
potentiel d’implantation de zones de villégiature sur ce territoire est à
peu près nul compte tenu du fait qu’il ne s’y trouve aucun lac d’importance
significative.
La route du
Massif des Tremblantes est avant tout une route de transition, une route
panoramique destinée à relier Saint-Donat à la zone de villégiature de
Tremblant.
Lors de sa
construction, on y a aménagé, une piste cyclable de premier calibre, posant
ainsi un jalon important dans le processus visant à faciliter le
développement écotouristique de la région.
Un autre
maillon d’une extrême importance existe déjà depuis plus de trente ans. Il
s’agit du sentier de l’Inter-Centre, intégré au Sentier National au Québec
et qui relie le lac Archambault à la base de plein air de l’UQUÀM. Ce
sentier, réservé au ski de fond et à la longue randonnée pédestre, conduit
au sommet de la Montagne Noire, l’un des plus hauts sommets des Laurentides
(882 mètres). Il donne accès au site de l’écrasement d’un avion des Forces
armées canadiennes survenu en 1943. Un mémorial de guerre a d’ailleurs été
aménagé à cet endroit. On estime qu’environ 3 000 visiteurs s’y rendent
chaque année.
Ce même
sentier de longue randonnée donne accès à deux refuges en haute montagne
(refuge de l’Appel et refuge du Nordet). Ce sentier, de réputation
nationale, est en voie d’être raccordé à des infrastructures complémentaires
dans la zone de la rivière Saint-Michel et du Cap de la Fée.
La rivière
Saint-Michel quant à elle fait présentement l’objet de mesures de
réintroduction de la ouananiche et devrait, à moyen terme, permettre la
pratique de la pêche sportive.
L’ensemble
du territoire est également une terre de prédilection pour les chasseurs.
Cerfs de virginie et orignaux y abondent. On y pratique surtout la chasse à
l’arc. Le petit gibier est également omniprésent.
Dans la
zone immédiate de la rivière Saint-Michel ainsi qu’en direction des lacs
Raquette ou Honoré, le territoire est sillonné de nombreux chemins ayant
servi au transport du bois. La plupart sont utilisables pour la pratique du
vélo de montagne ou encore pour la circulation en « quad ». Le réseau de
sentiers réservé à la motoneige y est également très développé.
Le
potentiel de développement du territoire pour la pratique d’activités de
plein air, donc d’écotourisme, est énorme. Ce qui n’exclut en rien les
activités de chasse qui y sont pratiquées. Quant à l’utilisation des
véhicules récréatifs motorisés, elle peut se faire dans un contexte de
partage et de respect du territoire concerné.
Cette zone
offre enfin un intéressant potentiel de développement en complémentarité
avec le Parc national du Mont-Tremblant. Certaines infrastructures d’accueil
existent déjà à l’intérieur du parc (lac Pékan, lac Allen) ce qui
permettrait de relier éventuellement par le sud le secteur d’accueil du
Pimbina à celui du lac Monroe.
ENGAGEMENT DE NOS
ASSOCIATIONS
Nos deux
associations sont reconnues pour leur implication dans la préservation et la
mise en valeur du patrimoine naturel de notre région. L’Association pour la
protection de l’environnement du lac Archambault tenait récemment sa 44ième
assemblée annuelle. À cette occasion, on a fait état des gestes concrets
posés par cet organisme pour assurer la qualité de l’eau du lac. Depuis plus
de trois ans, l’association mène un combat pour faire cesser l’exploitation
de l’imposante carrière située à proximité de la rivière Saint-Michel. De
son côté, le Club de plein air de Saint-Donat, fort de l’appui de la plupart
des intervenants intéressés au développement durable de notre région, s’est
opposé au dernier plan de coupe pour2005-2007 déposé par les industriels
forestiers installés de longue date sur le territoire donatien. Nous avons
demandé un moratoire, sans toutefois recevoir l’appui des représentants du
MRN qui, à toutes fins utiles, ne se sentent pas concernés par les motifs
écologiques que nous invoquons. Même la municipalité de Saint-Donat semble
impuissante à faire reconnaître la vocation écotouristique et
récréotouristique du territoire sur lequel elle devrait avoir juridiction.
L’Association
pour la protection de l’environnement du lac Archambault compte plus de 325
membres, tous propriétaires riverains. Le Club de plein air de Saint-Donat
regroupe environ 500 membres. La très grande majorité d’entre eux disposent
d’un pied à terre dans notre région (chalet, résidence secondaire,
villégiateur occasionnel).
Nos deux
organismes se disent prêts à participer à la gestion et au développement des
activités écotouristiques et récérotouristiques dans une perspective de
développement durable. Le Club de plein air de Saint-Donat travaille
d’ailleurs à la mise en place d’un réseau de randonnée (de courte, moyenne
et de longue distance) qui a pour objectif de relier les principaux sommets
qui surplombent la majestueuse vallée formée par les lacs Archambault et
Ouareau. Plusieurs refuges sont prévus dans le plan d’implantation, tous en
lien avec le Sentier National au Québec. Ce réseau de sentiers étendra ses
ramifications dans toute la vallée de la rivière Saint-Michel.
Nous
souhaitons vivement participer à la conservation de notre patrimoine
écologique. L’établissement des deux aires protégées précédemment décrites
et situées en bordure du Parc national du Mont-Tremblant ouvrirait la porte
à une ère de collaboration sans précédent entre de nombreux agents
intéressés à assurer la diversification de l’économie régionale tout en
assurant la préservation du territoire concerné.